dimanche 25 mars 2018

Passons sur l'autre rive...au-delà de Mexico

Fête indépendance du Mexique
La fondation de l'Assomption au Mexique date de 1948. Tout commence par la réception de la charge de chapelain à Saint-Joseph à Mexico, le 23 février 1947, par le P. Cassien Dubost (1891-1954), religieux assomptionniste français, transféré à la Province d'Amérique du Nord. La chapelle, dédiée à Notre-Dame de la Guadalupe, « Reine du Mexique et Impératrice de l'Amérique », est située dans le quartier de San José Insurgentes. C’est à partir de là que commence l’histoire de la fondation de l'Assomption au Mexique[1].

Devant l'Église paroissiale
Par la suite, le besoin se fit sentir d'ouvrir une communauté de formation afin de préparer le futur de l’Assomption au Mexique. Ce fut l'origine de Casa Manuel, dont l’ouverture remonte à la fin des années 1980, dans un quartier périphérique de Mexico, Ejidos de San Pedro Martír. Cet emplacement favorisait bien son ouverture aux dimensions sociale et missionnaire qui  devront marquer son apostolat.

Cette communauté a pour vocation d'être une maison de formation en même temps qu’un centre des missions et d'éveil des vocations. La mission consiste à sortir de la ville de Mexico pour évangéliser en périphéries. Elle se réalise durant la semaine sainte, en fin novembre pour la rencontre d’Alzonienne et en été (juin-juillet) dans la région de Veracruz.

Avec Mgr Eduardo
Afin d’étendre le Règne du Christ au-delà des frontières de la ville de Mexico et dans le but de  rencontrer les jeunes dans leur milieu d’origine, la province d’Amérique du Nord et des Philippines, avec l’accord du CGP a décidé, en août 2017, du transfert de Casa Manuel à la paroisse Santiago Apostol de Tlilapan, une municipalité en périphérie de la ville d’Orizaba. 

Avec les jeunes
Le choix du diocèse d’Orizaba n’était pas le fruit du hasard. Il était motivé par le fait que depuis plusieurs années déjà, la majorité de nos activités missionnaires avec les jeunes se réalisent dans la région de Veracruz, qui plus est, constitue pour nous un terroir pour les vocations à la vie religieuse assomptionniste et pour l’Église. L’Assomption y est bien connue et les jeunes aiment bien les missions assomptionnistes.

Fête de la prise de possession canonique
Les premières démarches ont été menées par le père Miguel Diaz Ayllon, alors provincial d’Amérique du Nord et des Philippines, en collaboration avec le père Flavio Bustos Castillo, régional de Mexico. Son excellence Francisco Eduardo Cervantes Merino, évêque d’Orizaba, a donné son accord pour une nouvelle fondation assomptionniste dans son diocèse. Tout s’est concrétisé avec la cérémonie de prise de possession canonique de la paroisse par les Augustins de l’Assomption ainsi que l’installation du nouveau curé, le père Oswaldo García Sanchez, le 2 août 2017.

Installation du nouveau curé
Fondée il y a 251 ans et située à cheval entre la zone urbaine et indigène, notre nouvelle paroisse a l’avantage d’intégrer les trois réalités pastorales importantes du diocèse d’Orizaba : la pastorale urbaine, rurale et indigène.

Dès notre arrivée, nous nous sommes mis à l’écoute de la communauté chrétienne. Le curé a rencontré de façon personnelle et régulière les différents groupes qui participent à l’animation de la paroisse. Ce fût l’occasion pour nous de prendre le pouls de la paroisse, connaître ses atouts et défis afin de pouvoir bien orienter notre apostolat.

Laïcs A.A. Mexicains
Pour leur part, les fidèles nous ont exprimés leur désir de recevoir une formation chrétienne adéquate. Nous y avons répondu avec empressement d’autant plus que cela fait partie de nos objectifs fondamentaux dans cette nouvelle mission. Ainsi, nous dispensons différents cours de formation pour membres de différentes commissions paroissiales ainsi que l’animation des centres bibliques.

En route pour la mission

mercredi 27 décembre 2017

Souhaits de Noël et de Nouvel An 2018


Bien chers frères et sœurs,

Permettez-moi de briser ce silence, qui n’a duré que trop, pour venir vous souhaiter, en ce temps de fêtes, un Joyeux Noël et une Année Nouvelle plein d’avenir.

Noël est passé, même si nous continuerons de célébrer son octave. Le Nouvel An 2018 se profile déjà à l’horizon. Lui aussi passera… Eh oui, tout passe. Elle passe la figure de ce monde[1]. Oui ce temps que nous croyons posséder est pressé, il est compressé, resserré…

Mais il y a tellement de temps dans notre vie qu’il n’est jamais facile d’être exact quand on se donne la peine d’en parler. Car il est vrai que nous avons le temps, mais le tout est de savoir lequel. Temps ordinaire, temps du monde, temps d’une vie, temps d’un règne,  temps de chacun, temps de travail, temps de repos, temps de loisir, temps de la guerre, temps de l’amour… Il est toujours temps et il n’est jamais temps…

Qui peut dire avec exactitude le temps ? Ce temps que nous mesurons avec de plus en plus de précisions, ce temps qui nous dure, ce temps qui nous mange, ce temps qui nous forme et déforme.

Un musicien fameux de mon Congo natal chantait : « les jours passent, mais toi tu ne passes pas! ». Il parlait en fait de sa dulcinée qui ne faisait que rajeunir malgré le passage des années. Mais quel que soit sa résistance à la corrosion du temps, elle aussi finira par passer.

Simple et tangible, la vie, dans tout ce qu’elle a de simple, de grand et de beau, nous fait passer d’un maintenant à un avenir majuscule. Alors, au lieu de faire figure en ce monde, travaillons à lui donner un visage. Ainsi nous ne serons plus figure, mais visage. Puisque « nous sommes de la poussière d'étoiles, affinée par le temps », comme le rappelait bien Jean d’Ormesson[2].

         Je termine ce petit mot en souhaitant à tous et à chacun un merveilleux temps de Noël et une heureuse et fructueuse année nouvelle!

Sébastien Bangandu, a.a.




[1] 1 Cor 7, 31.
[2] Jean d'Ormesson, Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit, Paris, éd. Robert Laffont, 2013.




dimanche 18 juin 2017

Un pain qui donne du goût et de la saveur à la vie!



Lectures : 1ère lecture : Dt 8, 2-3. 14b-16a
                 2ème lecture : 1 Cor 10, 16-17
                 Évangile : Jn 6, 51-58

Bien chers frères et sœurs,

Manger est vital. Et on voudrait tous « bien manger », puisqu’une saine alimentation est à la base d'une bonne santé et un élément-clé du développement de la santé humaine. Nous vivons dans un pays où un grand nombre de citoyens a de quoi manger. 

A ce propos, dans sa plateforme électorale de 2011, le NPD (Nouveau Parti Démocratique) s’engageait à présenter « une Stratégie alimentaire canadienne qui combinera des objectifs liés à la santé, à l’environnement, à la qualité de la nourriture et aux choix locaux et biologiques des consommateurs de partout au pays ». Parce que se nourrir sainement, manger équilibré, c’est bon et cela fait du bien. Bien plus, cela nous aide à améliorer la qualité de vie : Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es. 

Et puis, laissez-moi vous dire que christianisme est une religion de la fête, du goût et de la saveur. On s’en rend bien compte quand on lit les évangiles d’un bout à l’autre. Cela est important à savoir d’autant plus que l’Époux ne voulait pas que ses amis jeûnent pendant qu’il est encore avec eux (Mc 2, 19). L’impossibilité du jeûne est liée à la présence de Jésus parmi eux. Il y a trop de joie et de bonheur pour jeûner!

 Notons par ailleurs que le tout premier miracle de Jésus s’opère au cours d’une fête à Cana où le vin venait à manquer. Et là, il a gratifié les invités avec un vin d’un goût extraordinaire, différent de celui auquel ils étaient habitués. Puis, il a invité ses disciples à être le sel de la terre, pour donner du goût à l’existence humaine… Après sa résurrection, quand il s’en va à la rencontre de ses disciples au bord du lac de Galilée la première question qu’il leur pose c’est : Enfants avez-vous quelque chose à manger ? (Jn 21, 5).

En somme, au cours de son existence terrestre, Jésus a répondu à plusieurs invitations où il était question de manger et de boire. D’ailleurs, pour dire au revoir  à ses disciples, Jésus s’est servi du repas qu’il a voulu que l’Église pérennise en mémoire de lui. C’est l’eucharistie dont nous célébrons aujourd’hui la mémoire.

Mais une nourriture de quelque nature que ce soit, peut-elle vraiment suffire à satisfaire définitivement la faim de l’être humain ? Bien sûr que non ! Puisque Jésus lui-même affirme : « L’homme ne vit pas seulement de pain…» (Mt 4, 4).  Il existe donc du pain pour juste calmer la faim et du pain pour vivre. 

«Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement.» Ces mots font allusion à l’Eucharistie, le cadeau sans prix que Jésus nous a légués. De ce fait, l’Eucharistie n’est pas qu’un simple morceau de pain. C’est une nourriture qui vivifie et transforme. On ne peut pas recevoir le Corps du Christ, s’en nourrir, entrer dans l’intimité même de Dieu, sans inventer une certaine manière de vivre.

Communier au corps et au sang du Christ c’est puiser à sa vie la force de vivre. L’invitation du Christ à faire mémoire de lui ne concerne pas que la célébration de la messe. Elle concerne la vie concrète de ceux et celles qui communient à son corps et à son sang.

Devenons ce que nous mangeons : le corps du Christ, c’est-à-dire des personnes éprises d’unité, d’amour ; des personnes capables de se donner, de se sacrifier pour le bien de leurs frères et sœurs. 

Sébastien Bangandu, a.a.

vendredi 16 juin 2017

Saint Sacrement A : Du pain pour vivre...



Lectures : 1ère lecture : Dt 8, 2-3. 14b-16a
                 2ème lecture : 1 Cor 10, 16-17
                 Évangile : Jn 6, 51-58

Bien chers frères et sœurs,

On le sait tous, nous vivons dans une société dite “de consommation” et on nous incite à acheter, à consommer, à nous gâter... Mais malgré notre désir de consommer, il ne demeure pas moins vrai que nous restons toujours des êtres insatisfaits.

Le « Pain » en hébreu est synonyme de nourriture. Il est symbole de vie. En tant qu’être vivant, l’homme doit entretenir la vie que Dieu lui a donnée. Ainsi, se nourrir, c’est vivre, se régénérer, se donner les moyens de grandir et de s’épanouir. Par conséquent, il faut nourrir son corps qui, ne l’oublions pas, est très précieux puisqu’il est le temple de l’Esprit. C’est pour cela que dès l’origine, l’être humain reçoit la mission de cultiver la terre, afin de manger le pain obtenu par son travail. Mais l’être humain n’est pas juste un corps à nourrir. Créé à l’image de Dieu, il est appelé à entretenir cette image, qui en fait, symbolise pour lui la vie de l’esprit.

Dans le passage sur le “pain de vie” que la liturgie de la Parole nous propose aujourd’hui,  nous arrivons au point culminant du discours de Jésus sur la montagne. Il ne s’agit plus ici de participer à un repas quelconque. C’est une invitation à nous unir intimement à Jésus qui est lui-même nourriture et breuvage. C’est lui le Pain Vivant qui descend du ciel. Communier au corps et au sang du Christ nous divinise et nous ouvre à une dimension d’éternité.

En effet, en disant : « Je suis le pain vivant descendu du ciel… Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement », Jésus s'est exposé à l'incompréhension et au rejet de ses auditeurs. "Comment cet homme-là peut-il donner sa chair à manger?" La "folie" de ce Don singulier est en effet un défi pour la raison humaine, et une réalité difficile à saisir aussi bien pour les Juifs de cette époque que pour nous aujourd’hui. En se donnant à nous comme nourriture et breuvage, le Christ nous donne le goût de nous débarrasser de tout ce qui est superficiel, de ce qui nous renferme sur nous-mêmes.

N'oublions pas que les moments les plus heureux sont ceux où l’on se met au service des autres, où l'on se dévoue et où l'on est généreux de son temps, de sa personne. Partager son pain avec le prochain est un geste éloquent qui nous rappelle le sacrifice de Jésus Christ. Paul dans la deuxième lecture interpelle vivement la communauté de Corinthe sur le scandale de l’individualisme et de l’enfermement sur soi. Pendant que les uns ont faim, les autres font bombance. Il en appelle à la pratique du don du Christ : partager le même pain et boire à la même coupe. Cela doit évidemment instaurer un nouveau type de relations entre tous les participants.

Concrètement, après avoir communié au corps et au sang du Christ, nous ne pouvons pas sortir de l’église pour nous replonger dans le monde comme si rien ne s’était passé. Quelqu’un vit désormais en nous qui nous donne le goût de vivre. Si l’être humain refuse d’accueillir et de manger cet aliment de développement spirituel et intérieur, il se dessèche et dépérit. Vivre de l'Eucharistie, c'est avant tout vivre dans l'alliance.

Manger la chair du Christ et boire son sang, c'est sceller une  alliance avec lui. Cette alliance est tellement intime que le croyant vit alors "par" le Christ, tout comme le Christ vit "par" le Père. Elle met en chacun de nous sa vie et son Esprit.  Elle fait de nous les membres de son corps. En cette fête du grand don, osons procéder à une petite introspection en essayant de voir comment nous pourrions mieux donner à boire et à manger à l’être spirituel qui sommeille en nous, mais aussi à tous ceux et celles qui cherchent à rencontrer Jésus Christ, source de la vraie vie.

Sébastien Bangandu, a.a.