jeudi 22 décembre 2011

Homélie de la Nativité du Seigneur B : Un Dieu qui se laisse toucher...

Bien cher frère et sœurs
On l’attendait depuis bien longtemps ! Il est né, le Divin enfant ! Noël! Noël! « Yezu me butuka ! » (kikongo), « Yezu abotami ! » (lingala), traduisez « Jésus est né », comme on aime le dire dans mon Congo-Kinshasa natal. Tel était aussi le cri d’exultation du Canada chrétien, à cette époque où la foi régnait, vive et ardente au cœur des familles, des institutions et de la société entière. Aujourd’hui, cette effervescence spirituelle s'est bien affaiblie et la foi naïve, en voie de disparition. Oui, actuellement, il y a peut-être des signes d’une nouvelle tendance, d’un nouvel élan, mais ce sont des chiffres très faibles.

Malgré tout, la fête de Noël est encore, de toutes les fêtes chrétiennes, peut-être la plus aimée et la plus populaire. Mais que reste-t-il exactement de Noël dans cette société marchande ? En fait, si le sens de Noël est une demande, une attente, on le rencontre encore dans les rues de nos villes. Et quoique une très grande partie du monde ne pratique plus sa religion, il existe cependant à Noël une effervescence de joie dans l'atmosphère et dans les cœurs pendant les célébrations de cette fête exceptionnellement réjouissante, indépendante des diverses confessions religieuses, car cette lumière de Noël illumine tous les cœurs, sans distinction aucune. 

Dans cet emportement d'allégresse qu’occasionne Noël et les fêtes de fin d'année, on voit encore d’ailleurs, du monde encombrant les trottoirs, visitant avec un engouement passionné les magasins achalandés, parfois rêvant devant les vitrines ornées de mille feux aux lumières fascinantes et de décorations de toutes les couleurs. De multiples articles et une profusion de jouets, certains plus splendides avec des éclats modernes au rythme de l'ère informatique et de la technologie moderne, sont encore exposés et ravissent tous les yeux…

Et comme Dieu se  sert parfois des événements en apparence les plus indifférents pour parvenir à ses fins, c’est donc dans cette atmosphère que Jésus-Christ fait son entrée au monde. Mais quelle naissance pour un fils du Dieu tout puissant! En tout cas, les conditions dans lesquelles ce fils de Dieu vient au monde ne lui donnent pas beaucoup de chance d’être accueilli en tant que tel. 

Malgré les infortunes, Joseph et Marie se montrent serein dans l’accueil de l’enfant-Dieu, pauvre, couché dans une mangeoire. Jésus est né, et voici que les cieux retentissent de chants d'allégresse. Là haut, les anges entonnent à l'envi le joyeux cantique du triomphe: "Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté!". Et aussitôt de pauvres bergers, avertis par les anges, vont adorer, dans ce petit enfant, le Sauveur du monde entier.

Pourtant, ce monde auquel la rédemption est destinée reste toujours marqué par la misère sous toutes ses formes. Voilà pourquoi, à chaque Noël et fin d'année, Jésus vient nous rappeler que les pauvres aussi existent pour fêter dignement sa naissance et se réjouir à voir commencer une nouvelle année. Faisons nôtre son amour par notre générosité pour que nos souhaits et nos sourires, auxquels les enfants, ainsi que ceux et celles qui rêvent d'en recevoir, soient emprunt de sollicitude et d’amour. 

Car le vrai secret pour réussir Noël se trouve dans ce culte du partage en se laissant toucher par ces regards péniblement attristés des pauvres, des naufragés, des déshérités, des peuples à la dignité bafouée, qui sollicitent notre sympathie. C’est ce que fit Dieu le Père, qui, touché par la misère de son peuple, envoya son fils, l’Enfant de Bethléem, né de Marie, que nous célébrons en ce jour, pour nous apporter le salut. Joyeuse fête de Noël à vous tous !

Sébastien Bangandu

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