dimanche 25 décembre 2011

25 décembre B : Le verbe fait chair...


Bien chers frères et sœurs
Il est déjà parmi nous, le fils du Dieu vivant. Jean le nomme verbe de Dieu, par qui tout a été fait. Dire que le Christ est la parole, cela peut paraître une pure abstraction. Mais qu’on pense aux effets de la parole dans notre existence quotidienne, on comprend combien celle est puissance, mais en même temps, action. En fait, par la parole, on est capable de réaliser des choses formidables du fait qu’elle est conséquente. 

Le prophète Isaïe en donne une illustration légendaire quand il écrit : « Comme descend la pluie ou la neige, du haut des cieux, et comme elle ne retourne pas là-haut sans avoir saturé la terre, sans l’avoir fait enfanter et bourgeonner, sans avoir donné semence au semeur et nourriture à celui qui mange, ainsi se comporte ma parole du moment qu’elle sort de ma bouche : elle ne retourne pas vers moi sans résultat, sans avoir exécuté ce qui me plaît et fait aboutir ce pour quoi je l’avais envoyé » (Is 55, 10-11). 

Par ailleurs, on sait comment beaucoup d’humains au bord de la mort, ou simplement découragé par une vie dure et pénible, ont recouvré leur sérénité et même leur humanité suite à une parole d’amour leur adressée. Une parole emprunte de bonté peut transformer un être humain, là où rien d´autre ne peut l´aider. Aussi, pendant notre méditation, il nous arrive parfois de revenir sur une parole qui nous a touché, ainsi que le faisait Sainte Thérèse de l’Enfant: «Je me répétais les paroles qui avaient enflammé mon cœur». Et quand certaines paroles nous touchent et revêtent de l’importance pour nous, nos pouvons même les apprendre par cœur. 

Dieu a choisi la parole comme mode d’expression pour que nous puissions laisser toucher par lui. Car la parole n’est jamais neutre : c’est une puissance. Chez Dieu comme chez l´homme, la Parole sort du fond de l´être. Et si déjà la parole de la créature a un tel poids, que dire alors de la Parole du créateur ! Souvenons-nous de l’expérience que firent les disciples d’Emmaüs, qui, se souvenant de leur conversation avec le Christ sur leur route ont pu dire : « Nos cœurs n’étaient-ils pas tout brulants quand il nous parlait en chemin? » (Lc 24, 32a). 

Si la parole réconforte et agit dans nos vies, il devient alors évident pour nous d’en avoir faim et soif: « Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube, mon âme a soif de toi, après toi languit ma chair, terre aride, altérée sans eau.» (Ps 62, 1). Cette faim de la parole devrait habiter chacun et chacune de nous, mais hélas, nos cœurs sont encombrés aujourd’hui par moins que Dieu.

Ce Dieu qui vient à naître au milieu de nous, pauvre et méprisé, vient ainsi bouleverser nos images de Dieu. Cela dit du neuf en Dieu, du jaillissement, de la mobilité, du mouvement. Alors que nous voyons souvent Dieu là-haut, éloigné du monde. Parole de Dieu dans la fragilité d’un enfant, Dieu du côté de la fragilité, de la petitesse alors que nous le voyons très souvent du côté de la puissance et de la grandeur. Dieu, un enfant qui manque du nécessaire dès sa naissance et qui devra un jour fuir en Egypte, car il sera recherché par Hérode. Malheureusement, ce verbe de Dieu, ne trouve pas toujours bon accueil chez les humains de tous les temps. « Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçus. 

A Noël, c’est Dieu lui-même qui nous visite à travers l’Enfant de Bethléem. Ouvrons nos cœurs pour l’accueillir dans ce petit enfant, le Sauveur de l’humanité. Si Jésus est venu habiter parmi nous c’est, sans doute, pour que nous vivions de sa plénitude et  que notre relation avec lui soit à l’image de celle qu’il a avec son Père, une relation d’intimité et d’amour profonde. Seule cette relation peut nous greffer au Père, source de toute vie. 

Que l'audition et l’intégration de cette parole en nos vies, lui permette d'agir le plus efficacement possible en nos cœurs et sans doute, même au milieu de bien des tracas et de soucis, nous pourrons ainsi éprouver la joie du Seigneur qui nous vient par cette même Parole. Encore une fois, Joyeux Noël à tous et à toutes !
Sébastien Bangandu  


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